Ma vie de photographe

1/ Comment j’en suis arrivé à être photographe pro

 

 

Aussi loin que je me souvienne j’ai toujours voulu être dans le domaine de la création, petit je passais des heures à concevoir des machines improbables en dessin ou en Lego mais sans avoir de domaine de prédilection. Quand est arrivé le grand choix que l’on doit tous faire: choisir ses études, je me suis tourné vers l’artisanat car c’était à la fois de la création et un métier manuel, je ne me voyais pas rester derrière un bureau toute ma vie.  Puis j’ai pris goût aux études (avant j’étais un petit cancre je l’avoue), j’ai continué dans la conception créative en faisant des études de design de produits. Là j’ai pu aiguiser mon sens artistique et maîtriser le processus créatif. En parallèle de mes études j’ai commencé à faire un peu de photo, comme passe temps au début ou pour certains projets de cours artistiques et finalement j’y ai vraiment pris goût puis j’ai commencé à organiser des shootings avec des amis juste pour le fun sans aucune attente particulière, étant dans l’objet je faisais les packshot de mes créations. Au fil des années toujours en parallèle de mes études de design j’ai continué la photo, j’ai investi dans du matériel petit à petit au départ avec mes revenus d’étudiants fauchés puis plus sérieusement avec mes premiers salaires d’alternant. Quand est arrivé la fin de mes études j’avais l’opportunité de toucher le chômage donc je me suis dit “Vu que j’adore ça, pourquoi pas me lancer en photo?”, c’était l’occasion de pouvoir avoir une base de revenu tout en démarrant mon activité. L’aventure a commencé ce jour là

 

2/ Avoir confiance en soi

 

Pas forcément évident au départ de se lancer quand on n’est pas du milieu, n’ayant pas fait d’étude de photo bien que j’en fasse depuis des années, au départ je ne me sentais pas crédible en tant que professionnel. Le monde de la photo est assez particulier car au final il y a beaucoup d’autodidacte, tout le monde peut acheter un reflex de nos jours et se dire photographe avec plus ou moins de talent. Donc il faut faire du tri, reconnaître les bons photographes des mauvais, savoir où on se situe et avoir confiance en soi pour se dire “Je peux faire mieux que ce photographe! Donc je peux moi aussi être pro! ” Car au final peu importe d’où vous venez ou votre nombre d’années de pratique, tant que vos photos plaisent à la personne en face de vous c’est tout ce qui compte !

 

3/ Savoir s’entourer

 

 

Quand on débute il est important d’avoir des personnes qui vous soutiennent ça peut être votre famille, vos amis, des personnes qui crois en vous et votre potentiel car ce sont généralement ces personnes qui démarre le bouche à oreille qui vous permettra de faire une première expo, une première expérience, une première prestation.

Il peut aussi être judicieux de trouver un mentor, quelqu’un dont vous appréciez le travail et qui vous apprendra le métier et vous introduira dans le milieu. Pour ma part quand j’ai commencé j’ai contacté une photographe que j’ai trouvé sur internet: Margot Raymond, j’avais vraiment aimé son travail donc je lui ai envoyé un mail de façon spontané sans vraiment attendre de réponse. Elle m’a répondu rapidement et m’a tout de suite invité sur un shooting pour que je regarde et que je l’assiste, le courant est passé naturellement et grâce à elle j’ai pu rencontrer des modèles, des maquilleuses, des accessoiristes et d’autres photographe. Désormais je travaille avec elle régulièrement comme assistant et parfois comme prestataire.

 

4/ Le quotidien

 

 

Alors non contrairement à ce qu’on pourrait croire le quotidien d’un photographe n’est pas de se la couler douce en buvant des coups tout en prenant des photos toutes les 3 minutes de tout et n’importe quoi. Ca serai cool mais non, et le quotidien d’un photographe ce n’est pas que de la photo loin de là, entre l’administration, le démarchage, l’entretien des réseaux, la post production, l’archivage, les rendez-vous clients (là ok parfois on boit des coups), l’écriture d’article de blog, vous comprendrez que tout la prise de vue n’occupe pas toutes nos journées.

Il faut savoir organiser sa semaine pour faire la part des choses et aussi s’accorder des temps de pause car ouai c’est cool de pas avoir d’horaire mais ça veut aussi dire parfois travailler 12h dans la journée, les week-ends, se coucher à 1h du mat parce qu’on est en retard. Donc c’est parfois un peu décousu et moi-même j’essaye de faire de mon mieux au quotidien pour maintenir un planning stable.

 

5/ Le positif et un peu de négatif

 

 

Pour moi le plus gros point positif c’est la liberté, je me sentais à l’étroit dans mon ancien travail de designer il y avait beaucoup trop de contrainte, je ne pouvais pas faire mes choix créatifs, toujours quelqu’un pour me dicter quoi faire, la pression du patron, les horaires fixe, travailler même si on n’aime pas ce qu’on fait, tout ça ne me convenait pas et je dépérissais. Maintenant je peux faire mes choix artistiques, je suis moins stressé, je suis fier de mon travail et la satisfaction de mes clients me rend très heureux ! En entreprise ce n’est pas tous les jours que votre chef vous dit “ouah super boulot j’adore ce que t’as fait ! c’est magnifique !”

Le côté négatif d’être à son compte (et oui il faut être réaliste tout n’est pas rose) c’est qu’il faut tout le temps trouver des clients un peu comme si vous cherchiez un CDD en permanence, il faut aussi gérer soi-même son entreprise c’est-à-dire parfois mettre un peu de côté sa passion pour faire de l’administratif, des tâches barbantes mais obligatoire et qui au final me rappelle que c’est un travail et pas seulement un passe-temps.

 

6/ J’aime ma vie (et ouai !)

 

Et oui parfois il faut savoir le dire ! Depuis que j’ai commencé la photo en tant que professionnel même si je travaille un peu en décalé et que je ne sais pas encore si j’arriverai à en vivre, je me fais plaisir et ma vie est devenu beaucoup plus cool. Fini la routine du travail, fini ton chef qui est sur ton dos, beaucoup moins de stress, je travaille pour moi ! Je peux choisir mes clients, faire valoir mes compétences personnelles mais ce qui est vraiment génial c’est la reconnaissance. Quand quelqu’un te dit « elles sont vraiment belle tes photos ! » ou « t’as fait du bon travail, j’adore ! » il n’y a rien de plus gratifiant: je fais ce que j’aime, mes clients aiment ce que je fais et me le font savoir.

Et au final pour moi c’est ça la réussite: vivre d’un métier qu’on aime et être apprécier pour la qualité de son travail.

Donc vas-y, toi aussi franchis le pas et lance toi pour vivre de ta passion si c’est ce que tu as envie. Tu verras qu’après ça la vie à un goût totalement différent.

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