Toutes les infos pour choisir un objectif !

Vous avez peut-être déjà trouvé ça étrange que deux objectifs avec la même focale et la même ouverture aient des centaines voire des milliers d’euros de différence ? Et bien je vais vous expliquer rapidement comment bien choisir votre objectif pour votre reflex et pourquoi certains sont plus chers que d’autres.

 

Dans un objectif, on nous parle en premier de la focale exprimée en mm : 35mm, 50mm, 24-70mm, etc… et de l’ouverture : f/1.8, f/3.5, etc…

On trouve aussi après ces informations des acronymes spécifiques à chaque marque et il est possible de trouver leur signification sur les sites des fabricant : Di, DG, VC, HSM, APO, ED, VR, … plein d’acronymes qui, lorsqu’on ne les connaît pas, ne veulent pas dire grand chose.

 

Mais bien entendu ce ne sont pas les seuls paramètres existant et certain ne se trouve pas dans la description du produit !

Je vais donc vous parler de plusieurs paramètre à prendre en compte lors de l’achat de votre futur objectif.

 

1/ Premièrement : Fixe ou téléobjectif ?

Les téléobjectifs, c’est-à-dire les objectifs avec une focale mobile qu’on surnomme « zoom » offrent une flexibilité dans le cadrage qui est indispensable dans certaines situations comme la photo de reportage. Que ce soit pour un mariage ou pour un concert par exemple, l’important est de capter l’instant il faut donc être réactif.

Mais attention ne faites pas l’erreur de vous dire qu’un 18-300mm réglera tous vos problèmes, car plus la différence de focals est grande moins la qualité de l’objectif sera bonne. C’est physique, il a trop de lentille et trop de déformation pour couvrir ce champ de focal et plus il y a de lentille, plus il y a des chances que la lumière soit détériorée. C’est pourquoi dans les caractéristiques détaillées les fabricants indique le nombre de lentille.

 

Les objectifs fixes sont très souvent de meilleure qualité car ils ont moins d’éléments et moins de pièces en mouvement. Leur construction apporte aussi d’autres avantages : plus léger, plus grande ouverture, plus compact. Mais surtout le plus grand avantage selon moi : vous maîtrisez votre focale. Car si vous êtes trop loin vous vous avancez et inversement. Parce qu’il faut bien prendre en compte que votre focale va aussi définir votre style de photo, un portrait au 24mm sera complètement différent d’un portrait pris au 105mm. Et avec un téléobjectif on a tendance à devenir flemmard et à « zoomer » si on est trop loin et « dézoomer » si on est trop près…

 

2/ Ouverture fixe ?

Certains téléobjectifs ont des ouvertures différentes en fonction de la focale utilisée, quand on débute on n’y fait pas trop attention, mais quand il est indiqué par exemple « 18-55mm f/3.5-5.6 » cela signifie que votre ouverture maximale à 18mm sera de f/3.5 et à 55mm elle sera de f/5.6.

C’est très souvent le cas sur les objectifs bas de gamme.

 

Si il y a seulement une valeur d’ouverture alors ça veut dire que l’ouverture ne changera pas quelque soit la focale. Il faut privilégier ce genre d’objectif pour ne pas avoir de surprise et bien maîtriser ce que l’on fait. Et puis en règle général, plus on peut ouvrir mieux c’est.

 

3/ Autofocus

Il n’y a pas de vraies données sur la rapidité de la motorisation d’un point de vue fabricant. La seul information que vous pouvez avoir, c’est s‘il y a une motorisation ultra-sonique, synonyme de rapidité et silence.

Le mieux de ce point de vue là c’est si possible de tester l’objectif (magasin, salon de la photo, amis), j’ai par exemple été bluffé par la rapidité de la nouvelle gamme Tamron quand je les ai essayés au salon de la photo. J’ai depuis acheté leur 85mm 1.8 et je ne regrette pas du tout.

 

Sinon, il suffit de regarder les tests labo sur internet comme dxomark (on y reviendra plus tard) ou lesnumeriques par exemple.

 

Il y a aussi les objectifs très peu chers sans autofocus, donc il faut juste faire attention à ça sinon vous allez vous amuser.

 

4/ Stabilisation

En vidéo d’accord, mais est ce que la stabilisation est importante en photo ?

Et bien si vous aimez prendre en photo des paysages sur trépied ou si vous faites essentiellement du packshot, ça n’a pas grand intérêt. Mais dès que vous prenez votre objectif à la main vous pourrez avoir plus de marge de manœuvre et descendre en vitesse pour gagner en luminosité.

Là encore, il n’y a pas de réelles données sur le sujet hormis si l’objectif est stabilisé ou non. Il faut l’essayer ou regarder des tests de prise en main sur le net.

 

5/ APS-C ou Full frame

Si vous ne le saviez pas, sur le marché du grand public des reflex il existe deux catégories : les aps-c (débutant et amateur) et les full frame (semi-pro et pro). La plus grande différence c’est qu’ils n’ont pas la même taille de capteur, il faut donc prendre un objectif adapté à votre boitier mais attention les deux ont la même bague de montage ! Vous pouvez donc monter un objectif APS-C sur un boitier FF et inversement.

Résultat :

Boitier FF + Objectif APS-C = Cadre noir autour de l’image car le capteur du boitier est trop grand pour l’objectif. Les boitiers modernes recadrent automatiquement quand ils détectent un objectif APS-C mais vous perdez une grand partie de l’image et donc en qualité.

 

Boitier APS-C + Objectif FF = Seulement le centre de l’image est capté donc la focale indiquée n’est pas la bonne (généralement rapport de grossissement de x1.5). Donc votre 50mm devient un 75mm. Certains photographes utilisent cette technique pour avoir des focales plus grandes, pour la photo animalière par exemple. De plus seulement le centre de l’objectif est capté et c’est la partie avec le plus de « piqué » (la meilleure qualité)

 

6/ Piqué /Vignetage / Aberration chromatique / Déformation

Voilà certainement la partie la plus importante et pourtant c’est là où vous n’aurez aucune donnée… de la part du fabricant. Car forcément on parle directement de la qualité de construction donc question sensible. Heureusement il existe les tests labo, donc si vous voulez vraiment connaître la qualité d’un objectif (et même d’un boitier) je vous conseille d’aller sur le site de DxOmark : www.dxomark.com

Je vais vous détailler les tests réalisés pour vous aider à mieux comprendre.

 

  • Sharpness (Piqué) : C’est le plus important, tout simplement la qualité d’image que peut transmettre l’objectif. Car même avec un boitier à 100 mégapixels si votre objectif en délivre 15, vous aurez une image d’une qualité de 15 mégapixels… Personnellement, je me suis fait avoir en débutant avec l’objectif Nikon 50mm f1.8, il était sympa et pas cher mais j’avais l’impression que mes photos n’étaient jamais nettes, je me suis simplement rendu compte en regardant les tests qu’il avait un piqué atroce…

 

  • Vignettage : Assombrissement sur le cadre de l’image, parfois voulu mais c’est quand même mieux quand on le maîtrise. Attention le vignettage change en fonction de la focale et de l’ouverture. Les logiciels de post prod corrigent un peu ces défauts mais ça a ses limites.

 

  • Aberration chromatique : Défaut de dédoublement des contours. Vous pouvez voir très souvent sur les bords d’une l’image des contours avec du vert ou du violet qui n’a rien à faire là. Ce sont des aberrations. Moins il y en a mieux c’est, mais quasiment aucun objectif n’y échappe.

 

  • Déformation : Elle est lié à la construction de la lentille et très souvent à sa focale. Cela va vous déformer vos lignes droites, par exemple une image très déformée c’est l’effet « fisheye ». Parfois voulu d’un point de vue esthétique et parfois complètement banni pour du portrait ou de l’architecture. Les logiciels de post production gèrent plutôt bien ce défaut mais encore une fois, moins il y en a au départ mieux c’est.

 

Vous savez maintenant tout ce qu’il y a à savoir pour bien choisir votre objectif que vous soyez pro ou amateur !  Bien entendu c’est aussi une question de budget mais parfois il vaut mieux attendre un peu et prendre un objectif de meilleure qualité, ça vous changera la vie. Et si vous avez des questions n’hésitez pas à me le dire !

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